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COMMENT RÉALISER 50 TONNES DE TOMATE A L’HECTARE

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RENDEMENT AGRICOLE: COMMENT RÉALISER 50 TONNES DE TOMATE A L’HECTARE

COMMENT RÉALISER 50 TONNES DE TOMATE A L’HECTARE
COMMENT RÉALISER 50 TONNES DE TOMATE A L’HECTARE

Dans sa quête des semences de tomates pour son projet agricole, l’agriculteur fonde généralement son choix sur deux critères : la PRODUCTIVITÉ et la TOLÉRANCE AUX MALADIES. L’idéal c’est de trouver des semences qui répondent de manière très significative à ces deux critères clés ou, le cas échéant, à l’un des deux.

Il faut se l’avouer, de ces deux critères, c’est le premier – la PRODUCTIVITÉ – qui séduit prioritairement car on peut encore se « débrouiller » à gérer les maladies du moment où le rendement est bon. Parlons justement de cet aspect, le RENDEMENT et préférons pour cette fois-ci nous limiter aux semences maraîchères. A l’achat, le rendement à l’hectare n’est généralement pas mentionné sur la plupart des conditionnements des semences, en boites comme sachets. En revanche, en poussant les recherches plus loin, l’on peut tomber sur le rendement déclaré par le semencier sur son site internet ou en faisant tout simplement des projections partant d’un nombre de plants et d’une moyenne de fruits donnée par plant afin d’arriver à un rendement lambda.

Le problème cependant chez nous, ici au Cameroun, se situe d’abord au niveau des critères d’évaluation et de quantification du rendement.

1- L’évaluation du Rendement

Neuf fois sur dix, elle se fera uniquement sur la base de la superficie en occultant déplorablement le rendement par individu, c’est-à-dire par plant. Il est difficile d’atteindre la performance agricole dans ces conditions si l’on ne tient pas compte de la contribution de chaque individu du peuplement (plant) dans l’atteinte du rendement global que l’on attend en se focalisant uniquement sur la superficie qu’on considère prioritairement.

2- La Quantification

Sur ce volet, il y a conflit entre l’unité de mesure utilisée par les semenciers et celle utilisée par les producteurs. Prenons le cas de la tomate en titre : le semencier évalue le rendement de sa semence au poids (tonnes) tandis que le jardinier quant à lui a pour référence le cageot (panier marchand en fibres de raphia) dont le poids varie entre 22 et 25 kg. Dans ces conditions, le rendement réalisé à l’hectare par les producteurs de tomate ne reflète généralement pas véritablement le potentiel réel de la semence elle-même.

Bien plus, producteur de tomates vous dira aisément combien de cageots il a récolté (à l’hectare par exemple) mais restera muet sur le tonnage et par conséquent ne saura jamais s’il a réussi à exploiter ne serait-ce que 50% du potentiel génétique (volet productivité) de la semence utilisée. Dans un contexte dit d’agriculture de « seconde génération », il faut résolument songer à changer de paradigme autrement c’est de la navigation à vue.

L’exemple qui va suivre est une démonstration basée sur une THÉORIE RÉALISTE ET RÉALISABLE qui illustre COMMENT PROCÉDER POUR ESPÉRER RÉALISER 50 TONNES DE TOMATES A L’HECTARE.

RANDAH F1

 

Je choisirai pour ce cas de figure (1) la variété de tomate hybride RANDAH F1 sur (2) une superficie de 10.000 m2 (un hectare) avec (3) un peuplement de 10.000 plants et enfin (4) un rendement prévisionnel de 50 tonnes soit 50.000 kg. Voici donc les détails de mon calcul :

a- 50 tonnes = 50.000 kg = 50.000.000 g (poids en grammes)

b- Si on a 10.000 plants, chacun devra fournir un rendement de 50.000.000 divisé par 10.000 = 5.000 g soit 5 kg de fruits par plant jusqu’à la fin de la récolte.

c- Le poids moyen d’un fruit de RANDAH F1 est de 150 g mais nous prenons juste la moitié, c’est-à-dire 75 g

d- Si un plant doit produire 5.000g de fruits et que le poids moyen d’un fruit est de 75g, alors il faut en tout 71.42 fruits pour faire les 5kg attendus.

Dans les conditions raisonnables de culture, un plant de tomate de RANDAH F1 ne produira pas seulement 72 fruits de 75g mais là n’est pas le plus important. Ce qu’il faut relever c’est qu’il est possible de réaliser 50 tonnes soit 2.000 cageots de tomate de 25 kg chacun avec 10.000 plants de tomate. Combien de jardiniers y sont-ils déjà parvenus et combien pensent même essayer.

Avant d’arguer que la démonstration ci-dessus relève de la pure théorie et que c’est tout simplement farfelu, il faut se poser la question de savoir si le fait de réaliser un rendement de 50 tonnes de tomates à l’hectare avec 20.000, 25.000 voire 30.000 plants est ce que l’on peut qualifier de performance agricole dont on doit s’enorgueillir alors que 10.000 plants auraient pu faire l’affaire. Si on veut sortir des sentiers battus dans le domaine de l’agriculture, il va falloir commencer à modifier les paradigmes afin d’évoluer objectivement vers ce concept creux pour le moment baptisé « Agriculture de Seconde Génération ».

A ce jour, certaines opportunités d’affaires concrètes demeurent – et risquent l’être pour longtemps encore – inaccessibles pour de nombreux agriculteurs camerounais simplement parce que ces derniers sont incapables de satisfaire certaines demandes de vivres ni qualitativement et encore moins quantitativement dans la durée. Si nous voulons faire une agriculture dite de seconde génération, il faut le faire avec des mentalités de seconde génération. Autrement, nous courons sur un tapis roulant avec des godasses aux crampons très lisses.



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