Régulation des Marchés Agricoles En Algérie

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Régulation des Marchés Agricoles
Régulation des Marchés Agricoles

Régulation des Marchés Agricoles En Algérie

  1. Il est au cœur de toutes les politiques agricoles depuis leurs origines.
  2. les grandes politiques agricoles, telle la politique américaine en 1934, sont nées du problème des grandes crises de marchés des années trente;
  3. la création de la grande politique du blé en France en 1936.
  4. Par nature les marchés agricoles doivent assurer l’adéquation entre une demande qui est fixe – ou quasi fixe par nature puisqu’elle dépend de la taille de nos estomacs;
  5. Une offre qui est au contraire extrêmement variable puisqu’elle résulte de la nature et de ses caprices.

les objectifs d’une régulation des marchés : Pourquoi ?

1. Le premier objectif est d’avoir des marchés libres et qui fonctionnent, pour assurer, l’efficacité économique, la compétition entre les différents acteurs et la possibilité pour les agents individuels de s’ajuster collectivement aux conditions qui changent.

2. Fixer certaines limites aux fluctuations des prix pour éviter les crises trop graves et, par là, non seulement contribuer à la stabilisation du revenu des agriculteurs mais aussi à la stabilité des prix aux consommateurs, voire même à l’équilibre de l’occupation du territoire.

Exemples de systèmes de régulation des Marchés

Trois exemples : tout d’abord l’exemple le plus extrême, celui de l’Australie ou la Nouvelle Zélande, celui des États Unis et puis enfin celui de l’Union Européenne.

  • Un premier modèle : En Australie ou en Nouvelle Zélande: laisser les marchés agricoles sans beaucoup de régulation, juste en ayant quelques monopoles d’origine d’ État ou d’autres systèmes qui puissent aider. Cela s’accompagne d’un modèle de très grandes exploitations et une certaine spécialisation du territoire.
  • les États-Unis avaient mis en place dans les années 30, puis de beaucoup renforcé dans les années 60, un système appuyé sur un système de régulation des prix du marché (un système de loan rate) système d’intervention, puis un système d’aide directe liée à la production.
  • Les américains ont abandonné cette politique en 1995 pour aller vers l’intervention sur le marché, par un système de loan deficiency payment qui, en fait, permet aux producteurs lorsque les prix baissent de continuer à vendre sur les marchés tout en étant compensés pour la perte de recettes qu’ils subissent en ayant des prix plus bas que les prix de référence.
  • On a, substitué à une politique de stabilisation des prix une politique de stabilisation des recettes des agriculteurs.
  • Le deuxième aspect de cette nouvelle politique américaine c’est qu’on a remplacé des aides directes liées aux productions par des aides découplées et décroissantes avec le temps.

Système des prix garantis

  • L’Union Européenne s’est dotée dans les années 60 d’une politique qui était fondée sur des prix garantis à un niveau relativement élevé.
  • Ces prix devaient tout à la fois stabiliser les marchés très proches de ce prix d’intervention et, en même temps, par leur niveau élevé, assurer les revenus des agriculteurs;
  • Stabiliser les prix pour les consommateurs et encourager le développement de la production agricole.
  •  Elle a d’abord tellement encouragé la production que durant les années 80 le principal problème de la politique agricole était celui des excédents.
  • Deuxièmement le progrès de la libéralisation des échanges dans l’agriculture la rendent de toutes façons intenable.
  • Cette politique devrait donc s’appuyer sur deux piliers.
  • Le premier reste un certain soutien minimum des prix. Ce soutien peut être différent de celui qui existait jusqu’à présent, notamment dans le domaine des grandes cultures qui font l’objet d’un grand marché mondial avec des échanges importants – l’Union Européenne exporte 15% de sa production et importe également beaucoup
  • Cet aspect de régulation minimum des prix n’est toutefois pas le seul et le système ne peut pas fonctionner s’il ne s’appuie pas aussi sur des mécanismes de régulation de l’offre.

Systèmes de régulation de l’offre

  • Ces systèmes de régulation de l’offre – introduits dans la politique agricole européenne dans les années 80-90 – ont permis de résoudre les crises de surproduction que le système des prix garantis avait entraîné.
  • En 1984, ce fut l’introduction du système des quotas laitiers qui a stabilisé de façon durable le marché laitier car depuis 1984 on n’a plus jamais entendu parler de crise ni de dépenses budgétaires dans le système laitier.
  • En 1992 c’est la mise en place de la jachère dans les céréales et puis, progressivement, un certain nombre de systèmes de maîtrise de la production ont été introduits dans les autres marchés agricoles.
  • L’autre intérêt de ses mécanismes de régulation de l’offre c’est qu’ils permettent également de résoudre les crises instantanées. Résolution sur les marchés de la crise de la « vache folle », en 1996 d’abord et en 2000 ensuite.
  • Avec la panique qui a saisi l’ensemble des consommateurs européens à l’occasion de la découverte de cette maladie, en quelques semaines a diminué la consommation de 40 à 50% dans la plupart des pays européens.

• Le Conseil a pu, en quelques semaines, mettre en place une batterie de mesures pour rééquilibrer les marchés qui ont pu éviter à l’ensemble de la filière de la viande bovine de faire faillite de façon durable.




Les spécificités des marchés agricoles

  1. Offre aléatoire (Les aléas naturels )
  2. Les écarts entre cycles de production et cycles de travail.
  3. L’inélasticité (ou la rigidité) de la demande de biens alimentaires ( loi de King).

Les aléas naturels

  • (sécheresse, inondations, grêle, gelée et variations climatiques et saisonnières) jouent un rôle et ajoutent, au risque économique, le risque climatique.
  • Les agriculteurs, ne maîtrisant pas techniquement parlant les variables liées à l’aléa climatique,
    • – vont s’assurer économiquement;
    • – mais vont également développer des stratégies et des comportements anti-risques (culture de contre-saison, diversification des systèmes de cultures, pluri- activité, association culture-élevage, formes d’association et de faire-valoir des terres…).

Les écarts entre cycles de production et cycles de travail

  • Les cycles de production sont des cycles qui sont définis par des processus biologiques puisque les agriculteurs travaillent sur des espèces (animales ou végétales vivantes).
  • Le temps de reproduction biologique (cycle de production) ne coïncide pas avec le cycle économique (temps économique qui correspond au temps de travail ou au temps de reproduction du capital).

L’inélasticité (ou la rigidité) de la demande de biens alimentaires

  • La demande de biens agricoles est caractérisée par son inélasticité. ( loi de King)
  • Les interventions du gouvernement dans un certain nombre de pays industrialisés pour encadrer les prix des produits des biens agricoles et alimentaires sont en partie justifiées par ce caractère inélastique de la demande.
  • Loi de King ou “ parabole des recettes ”, énoncée par le mercantiliste G. King (1648- 1712), en partant d’observations sur le marché du blé, montre qu’une surproduction provoquait paradoxalement la baisse du revenu global des agriculteurs et une baisse de la production engendrait l’effet inverse, c’est-à-dire une hausse des recettes. L’explication de ce paradoxe tient au phénomène de la rigidité de la demande de biens alimentaires et agricoles.
  • Les prix ne doivent pas trop baisser dans le souci de garantir des revenus aux producteurs.
  • De même que l’on sait (loi d’Engel) que plus les revenus des ménages augmentent, plus la part relative consacrée aux approvisionnements alimentaires baisse (58 % en Algérie 18 % en France 13 % aux USA).

La loi de King

  • La loi de King rend compte d’observations sur les marchés des effets sur les prix et les revenus induits par de trop brusques fluctuations de l’offre des biens agricoles.
  • Ces variations trop fortes de l’offre sur les marchés se traduisent par des niveaux de prix ou de recettes non proportionnels (cf. tableau).

Tableau illustrant la loi de King

Tableau illustrant la loi de King
Tableau illustrant la loi de King
  • Ces fluctuations de prix et de recettes affectent les revenus, soit des consommateurs (situation de pénurie de l’offre en année 3), soit des producteurs (situation de surproduction en année 2).

Principe de régulation agricole et agro-alimentaire

  • Le principe de la régulation de l’offre par les interventions publiques se fonde précisément sur ce type de phénomène.
  • Les politiques de prix d’intervention et de stockage (ou de déstockage) que les Etats mettent en œuvre visent à contrôler les effets sur les marchés de ces fluctuations de l’offre.

Le principe de régulation du marché et des revenus agricoles est simple:

  • En année 2 : on exporte ou on stocke les 50 de trop pour retrouver les conditions de l’année 1;
  • En année 3 : on importe ou on déstocke les 50;
  • C’est sur ce principe simple que sont fondées les grandes politiques agricoles fondées sur l’intervention budgétaire ( USA, UE, OCDE);

Principaux problèmes limitant l’efficacité du fonctionnement des marchés agricoles et agroalimentaires en PVD

  1. les difficultés d’accès au marché : une grande partie de la population agricole en PVD a des difficultés à vendre ses produits, à se procurer des biens, à obtenir du crédit en raison de l’éloignement ou du faible nombre d’opérateurs, ou encore de barrières liées au niveau peu élevé des transactions (coût unitaire élevé des transactions).
  2. la rigidité de l’offre agricole due au fait que la vente des récoltes est souvent rendue obligatoire pour faire face aux besoins d’achats familiaux ou de remboursements de dettes, et que son volume est aléatoire car très lié au climat, quel que soit le niveau de la demande. Cette rigidité est confrontée à une certaine rigidité de la demande.
  3. Les prix agricoles sont instables, cette instabilité étant inhérente à l’activité agricole en raison de la rigidité de l’offre, de sa saisonnalité (quelquefois de la saisonnalité de la demande) ainsi que des effets du stockage public ou privé et des importations très peu régulées de produits concurrents.
  4. la formation des prix est souvent inéquitable, principalement parce que les producteurs sont isolés et peu informés alors que les acheteurs ont un pouvoir de marché important dû à leur surface financière et à leur meilleur accès à l’information.

Principaux problèmes limitant l’efficacité du fonctionnement des marchés agricoles et agroalimentaires en PVD

  1. la tromperie sur la qualité est fréquente et s’effectue souvent au détriment des producteurs qui ne peuvent pas, lorsqu’ils sont isolés, avoir des garanties sur la qualité des intrants qu’ils achètent (vaccins, produits sanitaires, engrais,…).
  2. l’accroissement de la productivité de la terre, du travail et des facteurs de production est difficile en raison des transformations souvent importantes des systèmes de production que cela suppose, entraînant des risques et accroissant l’aversion des producteurs aux risques et à l’incertitude due aux prix instables, avec des craintes pour leur propre sécurité alimentaire.
  3. l’amélioration de la qualité reste également très difficile car elle requiert des accords entre tous les acteurs du circuit de production, de transformation et de commercialisation pour la garantir.

Nécessité d’une implication de la puissance publique

dans le but :

1. d’établir le droit qui sécurise les transactions et réduit les possibilités de ruse, de fraude et de violence ; cela renvoie bien évidemment à l’exercice impartial de la justice et à la lutte contre la corruption ;

  1. de réduire les coûts de transport, de manière à faciliter les transactions et donc réduire les coûts globaux, ce qui renvoie à l’existence et l’entretien d’infrastructures routières et portuaires notamment ;
  2. d’inciter les agents économiques à négocier entre eux et à trouver les formes de coordination les plus efficaces pour assurer la productivité et la qualité des produits ; ceci peut se décliner en plusieurs sous-actions :
  3. facilitation du développement d’associations professionnelles ou interprofessionnelles qui édictent pour elles-mêmes des « règles du jeu » ; cela revient également à réduire les asymétries de pouvoir de marché en favorisant la coordination d’acteurs dispersés ayant les mêmes intérêts, à savoir les agriculteurs ; 2. réduction des asymétries d’information, par la publicité sur les prix, avec un accent particulier mis sur l’information des agriculteurs ; 3. renforcement de la complétude des marchés, tout particulièrement des marchés financiers adaptés aux besoins de financement spécifiques des agriculteurs.

Système de régulation (SYRPALAC) de la pomme de terre en Algérie

Système de régulation (SYRPALAC) de la pomme de terre en Algérie
Système de régulation (SYRPALAC) de la pomme de terre en Algérie
  • Lancé pour la pomme de terre de saison en juillet 2008 par le MADR,
  • ce mécanisme de régulation de la production agricole concerne le stockage de 150.000 tonnes de pomme de terre de saison avec le concours des professionnels, des partenaires publics et privés.
  • Cette opération vise la protection des revenus des agriculteurs suite à l’effondrement des prix de vente généré par une surproduction saisonnière.
  • Bilan: stockage de 121 844 tonnes réparties sur 32 wilayas dont 07 ont réalisés 70% du volume total stocké, avec l’engagement de 266 opérateurs stockeurs.
  • L’opération SYRPALAC pomme de terre a nécessité la mobilisation de près du tiers des capacités nationales en froid, soit 426 454 m3.

Source: C.OMARI -2010 ENSA- DER


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